Le mot de notre curé

 

Chers Amis !

Sous le signe de l’obéissance, du oui, et du don total

Le mois de mars nous fait entrer dans une pédagogie spirituelle d’une rare densité. Trois grandes célébrations jalonnent notre route et dessinent pour nous un véritable itinéraire intérieur : Saint Joseph, l’Annonciationles Rameaux et la Passion qui ouvrent la Semaine Sainte.

Trois étapes.
Trois attitudes.
Trois manières de dire « oui » à Dieu.

D’abord la fête de Saint Joseph, époux de la Bienheureuse Vierge Marie 19 mars. Joseph est l’homme du silence, de la discrétion, mais surtout de l’obéissance confiante. Il ne comprend pas tout, mais il fait confiance. Il ne parle pas beaucoup, mais il agit. Il ne cherche pas à maîtriser le plan de Dieu, mais il s’y abandonne. En Joseph, nous découvrons que la sainteté ne fait pas de bruit : elle se vit dans la fidélité quotidienne, dans le devoir accompli, dans la protection humble de ce que Dieu nous confie.

Puis vient l’Annonciation du Seigneur le 25 mars. Avec Marie, nous passons du silence de Joseph au oui lumineux d’une jeune fille qui accepte que sa vie soit bouleversée par Dieu. Marie ne demande pas de garanties. Elle ne négocie pas. Elle accueille. Son « Qu’il me soit fait selon ta parole » est l’un des actes les plus décisifs de l’histoire humaine. Par ce oui, Dieu peut entrer dans notre histoire.

Enfin, les Rameaux et la Passion du Christ, célébrés cette année le 29 mars, nous conduisent au sommet de cet itinéraire. Après l’obéissance de Joseph et le consentement de Marie, voici le don total du Christ. Jésus ne dit pas seulement oui avec des mots, il dit oui avec sa vie, avec sa souffrance, avec sa croix. Les rameaux nous rappellent l’enthousiasme facile des foules ; la Passion nous révèle la fidélité coûteuse de l’amour véritable.

Que ce temps soit pour chacun un moment de conversion intérieure. Apprenons le silence confiant de Joseph, la disponibilité de Marie, et la générosité du Christ. Alors, notre marche vers Pâques ne sera pas seulement liturgique, mais profondément existentielle.

Abbé Félicien NDONG NGUÉMA +, Curé

Historique du chemin de la Croix (Via Crucis).

1) Aux origines : Jérusalem et les premiers pèlerins (IVᵉ siècle)

Dès le IVᵉ siècle, après la paix constantinienne, les chrétiens se rendent en pèlerinage à Jérusalem pour parcourir les lieux mêmes de la Passion du Christ. À cette époque, il ne s’agit pas encore d’un « chemin de croix » structuré, mais d’un parcours prière-mémoire.

2) Le rôle décisif des Franciscains (XIIIᵉ – XIVᵉ siècle)

Lorsque les pèlerinages deviennent difficiles à cause des conflits en Terre Sainte, une question pastorale surgit : Comment permettre aux chrétiens d’« aller à Jérusalem » sans quitter leur pays ? Les Franciscains, devenus gardiens des Lieux Saints au XIIIᵉ siècle, vont jouer un rôle déterminant. Ils développent l’idée de reproduire spirituellement le parcours de Jésus dans les églises et les villages. Naît alors l’idée d’un chemin symbolique, avec des « stations » rappelant les moments de la Passion.

3) Fixation progressive des 14 stations (XVIIe – XVIIIe siècle)

C’est au XVIIᵉ siècle que la pratique se stabilise. Les Franciscains diffusent une forme de plus en plus uniforme. Finalement, au XVIIIᵉ siècle, le pape Clément XII (1731) fixe officiellement le nombre à 14 stations et accorde des indulgences à ceux qui pratiquent le Chemin de Croix. Le Chemin de Croix devient alors une dévotion universelle de l’Église.

4) Sens profond du Chemin de la Croix

Le Chemin de Croix n’est pas seulement une dévotion. C’est :

  • Une catéchèse en mouvement
  • Une école de contemplation
  • Une participation spirituelle à la Passion
    • Une manière de dire : « je marche avec le Christ dans sa souffrance pour apprendre à marcher avec Lui dans ma vie ». Le Chemin de la Croix est donc un pèlerinage devenu intérieur : on n’a plus besoin d’aller à Jérusalem… c’est Jérusalem qui vient dans nos églises et dans nos cœurs.